L'Histoire de Raray
 
 
 
 


L'Histoire de Raray

La commune de Raray se situe au cœur du quart sud-est du département de l’Oise. Elle fait partie de l’arrondissement de Senlis et du canton de Pont-Sainte-Maxence.

Le territoire communal, qui s’inscrit dans l’entité paysagère du Valois Multien, comprend 672ha dont 80ha de bois et de forêts. Un paysage de grandes cultures agricoles offre des vues largement ouvertes ponctuées de buttes calcaires.

Raray avant Raray

Lorsque l’on évoque la commune de Raray, bien souvent le château en demeure sa principale caractéristique. Cependant il ne faut oublier, grâce en particulier au travail archéologique mené par Marc Durand, que mes premières traces de  l’histoire de ce village remontent au IIème et IIIème siècles associées à la découverte d’une paire d’écrevisse grandeur nature en tôle de bronze.

La « Chaussée Brunehaut », dont on ne peut dire avec certitude si elle d’origine romaine ou celtique, reste un témoignage des grandes voies ouvertes de communication qui ont permis, entre autre, à César de déplacer avec facilité ses légions pour livrer bataille aux tribus gauloises du Nord.

Ce n’est qu’à la fin du Bas Empire, avant la chute du pouvoir romain, que commence à s’implanter une vaste zone boisée sur la région dont les forêts d’Ermenonville, Chantilly, Halatte et les bois de Raray sont les derniers vestiges. La population commence alors à se regrouper dans de petites agglomérations, qui seront, bien souvent à l’origine de la formation de nos villages actuels. Ces zones résiduelles deviendront au Moyen Age des habitats intercalaires. C’est le cas de la ferme de La Borde dont le nom et tous ses dérivés (Les Bordes, Bourdeaux) désignaient primitivement des clôtures de planches ou des maisons construites en bois, pour signifier par la suite des métairies.

La présence probable d’une forteresse conséquente, à l’est du château, a attiré un habitat groupé, contrairement à d’autres communes limitrophes qui sont des villages-rues. Toutes ces forteresses sont devenues des maisons-fortes en pierre dans le courant du XIIème siècle. Suite à la prisée effectuée vers 1375, Charles V décide de démanteler bon nombre de ces sites. Il n’est pas fait mention du château ou de la maison forte de Raray.

Avec la poussée démographique du XIIème siècle, Raray se développe et étend ses terres cultivées en les reprenant sur les zones boisées. Ces défrichements sont achevés en 1186 et un droit de novales (nouvelles terres) est prélevé au profit de Saint-Nicolas d’Acy.

En 1106, le vidame Guy de Raray se voit confirmer ses biens par l’évêque de Senlis. Et c’est tout naturellement qu’à la fin du XIIème siècle on entre vraiment dans l’Histoire de Raray, avec des textes, des archives.

L'histoire de Raray remonte au XIIIe siècle avec comme premier propriétaire la famille Bouteiller. Se succéderont Robert de Cressonnart, Evêque de Senlis, Arnoult d'Audename, les Ghistelles et les Ligny en 1464. Ceux ci conserveront les terres durant tout le XVème siècle. Vers 1600, les terres sont vendues à Nicolas de Lancy, conseiller du Roi, trésorier général de l'ordinaire des guerres et Chambellan du Duc d'Orléans. C'est lui qui est le bâtisseur du château actuel ainsi que des 2 haies cynégétiques qui feront la renommée et l'honneur du château.

La terre de Raray fût érigée en marquisat par Louis XIV en 1654. Madame de Sévigné y séjourna car elle était la cousine des Lancy. Depuis 1782, la famille de la Bédoyère est propriétaire du château de Raray.

Les plafonds polychromes, seuls vestiges de l'ancienne décoration intérieure du château ont le privilège d'avoir pu garder les couleurs d'origine, découverts en 1976, ils étaient protégés par un faux plafond de plâtre.

Les haies cynégétiques : 4 chiens, un cerf, un sanglier et 18 niches de chaque côté habitées par des bustes d'empereurs romains et d'impératrices, ainsi que des dieux de l'Olympe, parmi lesquels on reconnaît Flore, Diane, Mercure, Apollon et Bacchus. Il y a aussi des personnages contemporains de Nicolas de Lancy.

La Porte Rouge ou Porte de Diane, (ou Porte de la Licorne), évoque la chasse fabuleuse de la Licorne. Premier épisode représentant la Belle et la Bête, l'histoire disant que la licorne animal sauvage, ne peut se laisser prendre que par une vierge.

En 1924 classement parmi les monuments historiques des 4 façades et toitures du château, ainsi que les murs et les balustrades entourant la cour d'honneur et la porte rouge (dite porte de la Licorne) donnant sur la forêt. Le Parc de Raray servit au tournage, en 1945, par Jean Cocteau du film La Belle et la Bête.

En 1967, inscription sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques du mur de clôture du château avec ses 4 tourelles, y compris le mur pignon des anciennes écuries et son échauguette. En 1983, classement parmi les monuments historiques des deux plafonds peints du XVIIe au rez-de-chaussée et au premier étage.